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De la connivence

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Par POUGET-DOMPMARTIN C.   
juillet 2006

Du latin coniventia, de conivere : cligner, fermer les yeux.

Parfois on ne peut qu'être frappé, à considérer le style des rapports que les adultes entretiennent avec les enfants jeunes ou moins jeunes, dont ils ont la responsabilité et la charge, de la connivence qu'ils entretiennent avec eux, jusques et y compris à l'égard de ce qu'ils dénoncent de leurs « attitudes » ou « comportements », bref de ce dont ils se plaignent.

L'autre, celui qui est convoqué comme témoin, amical ou plus « professionnel », est finalement sommé d'entrer dans cette connivence commune, c'est-à-dire dans la jouissance proposée.

Et gare à celui qui par quelque parole, viendrait déranger cette entente, violer ce secret d'une jouissance si bien installée.

Vous me direz que ce style de lien n'est en fait rien d'autre que celui tissé par le symptôme.

Cependant il nous semble que la collaboration n'a jamais été aussi établie entre des forces qui se présentent — fallacieusement donc — comme antagonistes. A cet égard, le livre de Gisèle Bastrenta, Face au haschich au collège et au lycée, fourmille entre ses lignes d'exemples saisissants.

Pourquoi ? Est-ce parce que notre social nous invite à considérer que la fête est plus réussie quand elle se partage à plusieurs ? Est-ce pour que les protagonistes se sentent une fois pour toutes débarrassés  de la culpabilité qui manque rarement de surgir chez celui qui n'est pas en règle avec les lois de la parole ? Est-ce pour exhiber face à l'autre le spectacle d'une alliance enfin réussie ?

De façon plus collective, ne sommes-nous pas invités à participer joyeusement à une société des maîtres ? Le discours des maîtres égalitariste, hygiéniste et sécuritaire masque sous la moralisation généralisée une soif de pouvoir jamais égalée. Sous le masque des évidences garanties par des savoirs, il étouffe dans l'œuf toute tentative de réaction à la bien-pensance.

Bref, c'est un discours polluant, et qui tend à se répandre de façon extrêmement contagieuse.

Dès lors, il devient crucial de reposer sans relâche la différence entre le discours de la structure, celui que Lacan a nommé « Discours du Maître » et ce discours (social) de (petits) maîtres ; car ce discours des maîtres, se proposant comme auto-référencé, récuse toute extériorité, toute hétéronomie, tout référent externe, bref fait l'économie de toute la question, épineuse certes, de l'altérité.

C'est donc un discours de sourds et d'aveugles.

Or, nous avons plutôt appris à ouvrir nos oreilles… Et puis, n'est-ce pas une évidence que  pour faire de l'oeil à quelque autre, on est prié de fermer un œil, pas les deux ?

 

A noter

Qu'est-ce que ça serait pour vous une fin d'analyse ?

Étude du texte de Freud, Analyse finie ou infinie et du texte de Lacan, La Troisième

Organisateur(s) : Association Lacanienne Internationale

Responsables : Charles Melman, Anne Joos De Ter Beerst, Janja Jerkov

Du samedi 28 janvier 2012 au dimanche 29 janvier 2012

Lieu de déroulement : Paris Espace Reuilly, 21 rue Hénard - 75012

La condition humaine n'est pas sans conditions

Rencontre-débat avec Jean Pierre LEBRUN

Le samedi 18 février 2012 à 9h

Lieu : à  l'Université du Temps disponible de Sainte Tulle - Manosque (04) - salle theatre Flachere.

Contact : Claude Rivet 04 92 73 33 56

Quand la langue fait symptôme

Organisateurs : Association Lacanienne Internationale, ALI - Rhône-Alpes

Responsable : Odile Fombonne

Du samedi 24 mars 2012 au dimanche 25 mars 2012 de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 17h30

Lieu de déroulement : Grenoble Auditorium du Musée de Grenoble , 5 Place Lavalette