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Le
développement impressionnant des connaissances qui caractérise notre époque n'a
en rien fait reculer ce que Lacan appelle dans l'introduction de son séminaire Encore le « je n'en veux rien
savoir ». Ce « je n'en veux rien savoir », point aveugle qui est
le lot de chacun, nous pose la question de ce qui fait obstacle à l'accès au
savoir, obstacle qui connaît des variantes culturelles et individuelles
nombreuses. Prenons ce qui se passe du côté du « psy ». Le psy étant
un radical qui vient de psyché, l'âme
dont il est beaucoup question dans ce séminaire Encore, il s'y rattache des suffixes - iâtre, ologue, thérapeute,
analyste - et des pratiques fort hétérogènes. Ainsi une personne qui s'adresse
à un psychiatre pourra être d'accord avec celui-ci pour dire que telle ou telle
manifestation est le résultat d'une maladie du corps et qu'il y a telle ou
telle action à mener pour y remédier. C'est là une démarche qui dans son
rapport au savoir est bien différente de celle qui consiste à aller s'adresser
à quelqu'un qui non seulement vous invite à l'association libre, mais s'abstient
aussi le plus souvent de clore l'entretien par une nomination, un « c'est
ça ». Dans ces deux situations, certes schématiques, le « je n'en
veux rien savoir » n'est pas placé tout à fait au même endroit, du fait
que d'un côté il y a une fermeture qui peut avoir des effets durables, voire
définitifs, et que de l'autre il y a une ouverture dont nous nous efforcerons
de préciser la nature.
De
quelle fermeture, de quelle ouverture s'agit-il ?
Une fermeture ontologique sur le
corps
Commençons
par la fermeture. Elle consiste, cette fermeture, à affirmer que l'être pense,
et que la substance de cet être est le corps. Nous avons eu en juin des
journées de travail sur les thérapies cognitivo-comportementales durant
lesquelles une inquiétude certaine s'est exprimée relativement à cette
fermeture sur l'être, et sur l'amplification de ses effets sur notre vie
sociale, par des phénomènes d'uniformisation et de ségrégation.
Lacan
n'a pas ménagé sa peine pour dégager la disjonction radicale qu'il y a entre la
pensée et l'être, particulièrement avec son considérable travail sur le cogito cartésien. Il revient sur cette
disjonction de la pensée et de l'être dans le séminaire Encore où il affirme que c'est la faute de la science
traditionnelle, classique, aristotélicienne, que d'impliquer que l'être pense,
et que la pensée soit telle que le penser soit à son image. Critique qu'il
applique à ces prémisses des thérapies cognitivo-comportementales que constitue
le behaviourisme, pour lequel la conduite s'éclaire par sa fin ; ce qui
suppose une équivalence du penser et de la pensée, et que celui qui pense sache
ce qu'il a à faire, ce qui est son bien. Le classicisme des neurosciences et
des thérapies cognitivo-comportementales est ainsi de faire tenir ensemble l'être,
le bien et le savoir.
C'est
ce que nous retrouvons aux fondements de nos politiques de santé qui sont
basées sur cette définition de la santé par l'O.M.S. en 1948 comme un complet
bien-être physique, psychique et social. Avec cette définition un être nouveau
apparaît, l'être bio-psycho-social dont l'unité de base est un corps biologique
qu'il s'agit de faire durer le plus longtemps possible. Ce souci, nous le
retrouvons dans les rêves qui accompagnent les pratiques de clonage et de
cryogénisation, dans lesquelles sont visés tant la reproduction asexuée que l'éternisation
du corps, qui serait le Un de l'être. Les effets de la radicalisation de cette
approche ontologique du corps, nous les avons présents, déjà, dans ce qui s'appelle
maintenant politique de santé mentale. Cette politique qui met en place un
monde où chacun a sa place, les soignants et les soignés, les éducateurs et les
handicapés, est contemporaine d'une ségrégation qui va croissante, comme en
témoigne l'augmentation des files actives des services de psychiatrie publique.
Cette augmentation d'une chronicité qui n'est plus asilaire est à corréler avec
le destin de ceux qui, sur la foi d'un diagnostic médical, voient leur destin
dévié vers une existence qui est de survie, supportée par une assistance dont
le seul souci est la subsistance des corps. Hier Charles Melman parlait de la
gravité du meurtre psychique, aussi grande que celle du meurtre
somatique ; lorsque le soin a pour résultat de produire des destins sans
retour d'ennui et de solitude n'est-il pas possible de parler d'euthanasie
psychique ? C'est hélas ce qui se met en place pour nombre de personnes,
dès lors qu'une nomination ontologisante d'une maladie est venue refermer sur
le corps une problématique dont les ressorts sont à chercher ailleurs.
Cet
ailleurs, c'est en tout premier lieu dans notre rapport au langage et à la
jouissance qui s'éprouve d'être pris dedans qu'il est à chercher. Or, que se
passe-t-il lorsqu'un diagnostic est fait sur le corps ? L'effet premier,
et très largement répandu, est celui d'une invalidation de la parole de celui
qui se trouve pris sous cette nomination. Celui qui est nommé schizophrène,
comme celui qui est nommé bipolaire, voient bien souvent ses propos, surtout s'ils
sont dérangeants, être mis sur le compte de la maladie et perdre tout leurs
effets. La parole, prise dans ces modalités de discours, se retrouve sans
adresse, ce qui laisse son locuteur en proie à une jouissance qui peut d'autant
moins se dire. Ce qui a pour effet bien souvent de majorer le versant somatique
de la symptomatologie par des manifestations anxieuses ou hypocondriaques entre
autres.
C'est
là l'effet d'une clinique qui en se refermant sur le corps rompt toute
possibilité de dialectisation, de production d'un savoir sur la pathologie,
tant avec celui qui en souffre qu'entre ceux qui prétendent s'en occuper. Cette
fermeture sur l'être du corps est concomitante d'un rejet du savoir, comme en
témoigne cette affirmation que les classifications actuelles sont athéoriques. À
cet athéorisme s'ajoute un curieux phénomène qui est qu'à la fois les
diagnostics qui comptent se réduisent à quelques unités : schizophrénie,
troubles bipolaires, addictions et quelques autres troubles dont l'existence, l'être
sont indiscutables, pendant que nous assistons à une prolifération de leurs
formes dont le nombre de leurs descriptions tend vers l'infini. Ainsi il nous
est promis deux nouvelles versions des principales classifications en vigueur,
le D.S.M. V et la C.I.M. 11 beaucoup plus volumineuses que les précédentes.
Ce
refus de la théorie, outre ses effets d'affolement du côté du savoir, a aussi
des effets destructeurs dont je parlerai par un détour qui peut surprendre, qui
est celui du nihilisme. Notre collègue Hélène L'Heuillet a écrit un ouvrage
important sur les sources du terrorisme qu'elle situe du côté du nihilisme,
défini comme un refus théorisé de la théorie. Nous retrouvons dans ces théories
du refus de la théorie la même volonté de faire table rase des savoirs
constitués, et le même recours aux sentiments et à la souffrance dont la
naturalité vaut comme argument et légitimité. C'est cette même destructivité
que nous retrouvons à l'œuvre tant du côté soignant que du côté soigné. La
psychiatrie est en voie de destruction, non pas encore au niveau de l'institution
mais de ce qui la tient qui est le débat clinique qui a cessé d'exister ou
presque. Et du côté des soignés, nous pouvons remarquer que ce que nous
appelons nouvelle clinique tourne souvent autour de pathologies qui mettent en
jeu le corps et son destin, la mort, comme dans l'anorexie et la toxicomanie.
Savoir y faire avec lalangue
Dans
ce contexte de fermeture sur l'être du corps, est-ce que la psychanalyse peut
constituer une ouverture, et laquelle ? La pratique de la psychanalyse ne
se fonde-t-elle pas sur une ouverture, dès lors que la règle de l'association
libre, de dire tout ce qui vient, est respectée ? Cette règle certains
peuvent l'accepter, alors que pour d'autres elle n'est pas acceptable, comme n'est
pas acceptable que le savoir soit ouvert. Ceux-là viennent plutôt chercher une
confirmation de leur dit, de leur savoir constitué dont l'être est en train de
ficher le camp, alors que celui qui accepte le silence et les scansions de l'analyste
accepte par là même que son savoir s'ouvre, qu'il ne se boucle pas
immédiatement. En recevant l'adresse de la demande, mais en refusant que l'historisation
proposée par celui qui souffre soit le « tout savoir » sur ce qui ne
va pas, l'analyste procède à une ouverture. Cette ouverture dans le dit de l'analysant
est l'occasion pour celui-ci de produire un dire, s'il le veut bien, de
produire des signifiants qui vont pouvoir border la faille de ce qui échappe au
savoir.
Remarquons
au passage que pour celui qui accepte cette ouverture-là, alors qu'il est venu
en situation de crise, c'est-à-dire en souffrant dans son corps, en étant
affecté, ce qui se traduit par des troubles physiologiques, tensions, angoisse,
insomnies, cette acceptation de cette ouverture, de passer par les défilés de
la parole a bien souvent un effet de soulagement sur ces troubles
physiologiques, sur cette jouissance du corps.
La
psychanalyse se met en place autour de cette ouverture, de cette faille dans le
dit, dans le savoir, faille dont Lacan déploie l'étymologie très riche à partir
de l'équivoque sur le conditionnel des verbes faillir et falloir lorsqu'il
parle de « la jouissance qui ne faudrait pas » [2].
Ces deux verbes nous viennent du verbe fallere,
tomber en latin puis tromper, échapper à, faire défaut. Ce verbe renvoie ainsi
à ce qui choit, ce qui est en faute, à ce qui défaille, sens qu'il va prendre
en Français avec faillir, et ce n'est qu'au XVe siècle qu'il prend
un sens nouveau, qui est celui d'un impératif, avec le verbe falloir. Au moment
où un appel à la raison est fait pour réguler notre vie sociale, et où se
mettent en place nos États modernes, le falloir très surmoïque chasse la faute
et la faille comme on se met à la même époque à chasser les sorcières. Le
courage « hommosexuel »[3],
qui est d'affronter la faille, d'affronter l'intolérable du monde, connaît un
regain de vigueur au moment où est lancé cet appel à un bien supérieur par le
moyen de la rationalité. Cette rationalité homme et homo s'accompagne d'un
recours accru aux écritures et au « ne cesse pas de s'écrire », comme
si ça y était, on serait sur le point de produire l'écriture qui nous assure la
stase, l'État et l'étant suprême. Mouvement de renforcement des écritures qui a
suivi toutes les révolutions jusqu'à aujourd'hui, de sorte que la bureaucratie
actuelle, économico-gestionnaire, pourrait faire pâlir de jalousie la
bureaucratie soviétique tant moquée en son époque.
À
ce régime draconien d'écritures, ceux qui vont souffrir, pâtir, et donc jouir,
mais en silence, ce sont les corps parlants dont la portion devient de plus en
plus congrue, et la contestation de plus en plus sourde. Au surmoi qui enjoint
de prédiquer toujours plus répond un surmoi encore plus féroce qui enjoint de
prédiquer encore moins, c'est le nihilisme et le négativisme, qu'il soit
politique ou pathologique. Sa réponse au nécessaire, au « ne cesse pas de
s'écrire » est un « ne cesse pas de ne pas s'écrire » qui peut
aller jusqu'à la destructivité radicale, à la haine radicale qui consiste à
mettre à bas l'ordre en place non pas pour en mettre un nouveau en place, mais
pour qu'il n'y en ait plus du tout, d'ordre, et que enfin on puisse se fondre
dans le réel.
Ainsi
s'affrontent deux « ne cesse pas », deux visées d'éternité dont le
combat est ancien et laisse peu de place au dialogue, au déploiement d'un
savoir qui est d'abord un savoir y faire avec lalangue, qui nous vient avec l'exercice de la parole. Pour aller
vite, disons qu'il y a deux façons de ne pas savoir y faire avec lalangue, une mâle et une féminine.
La
façon masculine, nous la trouvons dans le film L'esquive d'Abdelatif Kechiche, dans lequel le héros tombe
amoureux, parce que dans notre langue on tombe amoureux, et pour s'approcher de
celle qui lui apparaît « toute », il va s'inscrire dans une troupe de
théâtre. Le ratage mâle, le défaut de savoir y faire avec lalangue, vous les trouvez d'abord dans les grandes difficultés du
héros à suivre les subtilités du texte de la pièce de théâtre, mais surtout
dans les commentaires de la bande de copains qui ne comprend pas que :
- il soit
amoureux d'une fille. Quand on est un homme on prend une femme et on la jette
après usage,
- il fasse du
théâtre. La seule explication qu'ils trouvent, c'est que ce doit être un pédé.
Ils pointent certes avec beaucoup de sûreté la féminisation à laquelle il s'expose
en aimant sa chérie, mais ils ignorent superbement l'hommosexualité dans laquelle ils sont pris, qui laisse si peu de
place aux femmes et au « pas-tout ».
La
façon féminine maintenant de ne pas savoir y faire avec lalangue, c'est celle des psychoses et de ces pathologies comme l'anorexie
et les toxicomanies telles que Christine Gintz[4]
nous en a parlé hier, celle du « tout pas ». Le savoir y faire avec lalangue, Lacan le décline de plusieurs
manières dans ce séminaire, dont celle-ci qu'il n'est pas si difficile d'acquérir
le savoir que d'en jouir. Quand je lis ce passage, je pense à chaque fois à ce
qui se passe dans l'atelier théâtre que j'anime dans l'hôpital de jour où je
travaille, où nous montons un extrait d'une comédie moderne où les personnages
sont pris dans la fonction phallique, ce qui vaut toute une série d'affrontements,
de malentendus et de ratages divers qui sont le ressort même du comique. Le
texte de cette pièce, qui a connu un grand succès auprès du public, constitue
une grande difficulté pour ces patients, non pas au niveau des connaissances,
mais au niveau du savoir. Si bien que pour le jouer, celle qui est en plus grande
difficulté s'est retrouvée à dire ses tirades d'un jet, d'une voix monocorde, c'est-à-dire
sans qu'il n'y ait aucun ton, aucune scansion, le corps planté droit comme un
piquet.
Fort
d'une leçon de mise en scène donnée par Jean Renoir lors d'une interview
télévisée, dans laquelle il invitait la journaliste à jouer une scène d'un de
ses films - la journaliste a tout de suite voulu mettre le ton à ce qu'elle
lisait, ce qui sonnait faux, à quoi Jean Renoir lui a dit de lire le plus
platement possible, plusieurs fois le texte, puis de laisser venir les
intonations, une gestuelle, ce que la journaliste fit avec une certaine
réussite - fort donc de cette leçon de mise en scène, nous avons invité nos
acteurs à suivre cette même règle, ce qui pris un temps fou. C'est là que j'ai
pu mesurer combien la jouissance de ce texte n'est pas accessible à tout le
monde. Mais il est encourageant dans ce travail de théâtre que les patients se
soient accrochés au travail. Cela donne ce résultat que pour chacun, des
scansions se mettent en place, ainsi que des découpes qui sont des découpes de
l'objet a qui permettent de mettre en
scène la pulsionnalité des personnages. Il y a les échanges de regard, les
intonations de voix, l'oralité de tel personnage ou l'analité d'un autre qui
sont donnés à entendre et à lire, et qui participent de notre jouissance du
théâtre.
Revenons
maintenant aux deux façons de ne pas savoir y faire avec lalangue, qui sont deux façons de rater le rapport sexuel tout
autant. Elles sont toutes les deux liées au « ne cesse pas » et à
« l'êtrenel » par
conséquent. Elles s'attachent l'une et l'autre à l'être immuable :
- soit dans l'affirmation
que ça y est, l'être a été prédiqué une bonne fois pour toutes. Dans un de ses
livres, Ali Magoudi[5] dégage très
bien comment le discours du Maître prend possession du temps, ce que l'on
perçoit beaucoup moins que la maîtrise spatiale, les frontières, l'architecture,
etc. Mais le maître tente d'incarner le temps, à l'instar du pharaon dont le
temps de son peuple était décompté sur le temps de sa propre vie.
- Soit dans la
négation de toute prédication. Comme le disait cette patiente anorexique :
« On parle, à quoi ça sert puisqu'on doit mourir ».
Il
s'entend que l'enjeu principal porte sur le prédicat, prédicat qui a pour propriété
de se sectionner comme le développe François Récanati dans son premier exposé[6].
Exposé qu'il termine en disant que pour la logique de Port Royal, « l'être
est imprédicable », mais le dire imprédicable, c'est déjà le prédiquer.
Cet être qui n'est pas sans rapport avec Dieu ni avec la jouissance féminine,
puisque Lacan avance cette chose inouïe que la jouissance féminine serait une
face de Dieu, est-il possible de le prédiquer ? C'est là l'une des
questions importantes soulevée par ce séminaire qui substitue au corps comme
substance de la pensée la jouissance féminine, la jouissance qu'il ne faudrait
pas.
S'il
y a un possible à cette prédication de la jouissance, c'est du côté du « " x F x » qu'il est à chercher, puisque cette
supposition qu'il y en a un qui a réussi à prédiquer l'être l'autorise à aller
prédiquer le monde. C'est avec ce savoir-là que les hommes « âment »,
ils « âment » des objets, des semblables, ou une femme. Et c'est dans
ce dernier cas qu'ils ont les meilleures chances de se rendre compte que ce
possible « cesse, de s'écrire ». Autrement dit ça rate la prédication
de la jouissance qu'il ne faudrait pas. Cette rencontre rate mais pas sans qu'il
se produise une écriture de l'autre côté, là où ça suppose « ça ne cesse
pas de ne pas s'écrire ». « La femme ne peut aimer en l'homme que la
façon dont il fait face au savoir dont il âme »[7],
et c'est de là qu'elle va avoir un inconscient, c'est-à-dire un savoir y faire
avec lalangue. C'est dans cette
rencontre même ratée qu'une femme peut se mettre au service de la prédication
qui est le service du Un. C'est à ce moment que ça cesse de ne pas s'écrire.
Mais cette écriture-là ne pourra jamais dire le tout de la jouissance qui est infinie.
Si
nous reprenons cette proposition : « l'être est imprédicable »,
nous pouvons noter qu'elle est un premier prédicat comme le fait remarquer
François Récanati. Ce qui rend cette proposition « l'être est
imprédicable » fausse. Mais si elle est fausse, l'être est bien
imprédicable, et donc on peut l'écrire, mais la proposition sera à nouveau
fausse, cela à l'infini. Ainsi cette même proposition, « l'être est
imprédicable » vient falsifier le « ne cesse pas de s'écrire »
et contrarier le « ne cesse pas de ne pas s'écrire ».
Pour
nous sortir de cette guerre chronique de ces passionnés de l'être que mènent
les partisans du nécessaire et les partisans de l'impossible, les impérialistes
contre les nihilistes par exemple, nous ne pouvons pas faire l'économie d'une
prise en compte du ratage, dont il sort dans les meilleurs cas un savoir.
Lequel ratage est à rechercher dans l'exercice de la parole, dont nous
jouissons le plus souvent sans rien en savoir, parole entre un maître et un
élève, un parent et un enfant, un homme et une femme, dont le ratage produit
une écriture dont la lecture n'est possible que si on lâche les écritures
antérieures, après s'en être servi.
Jamais
l'homme n'a eu affaire à autant d'écritures, pour son bien-être, écritures
religieuses, scientifiques, législatives, comptables..., et pourtant il sait
toujours si peu y faire avec la lalangue.
[1] exposé
au séminaire de l'A.L.I. : Étude du séminaire XX de Jacques Lacan, Encore, Deuxième tour, à Paris du 26 au
29 août 2010
[2] Jacques Lacan, Encore, Leçon du 13 février 1973
[3] Jacques Lacan, Encore, Leçon du 13 mars 1973
[4] GINTZ Christine : Division, clivage,
pas-toute, exposé
au séminaire de l'A.L.I. : Étude
du séminaire XX de Jacques Lacan, Encore, Deuxième tour , à Paris du 26 au 29
août 2010.
[5] MAGOUDI Ali, Quand
l'homme civilise le temps( Essai sur la sujétion temporelle), Editions de
la découverte, Paris, 2001.
[6] Jacques LACAN, séminaire ENCORE, leçon du 12 décembre 1972.
[7] Jacques LACAN, séminaire ENCORE, leçon du 13 mars 1973.
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